Le Conseiller particulier et secrétaire du Roi Kigeli V, Boniface Benzige, a déclaré à la presse américaine que le corps du défunt roi ne sera pas rapatrié au Rwanda. D’après lui, le roi aurait fait ses dernières volontés avant de mourir selon quoi comme de son vivant il n’est pas rentré au pays, autant son corps devra être inhumé dans l’exil américain.
Pourtant ses voeux sont contraires à ceux de sa famille rapatriée au Rwanda après la guerre de libération et le génocide des batutsi de 1994.

« Nous n’allons pas rapatrier le corps du roi contrairement aux voeux de nombreux. En tant que porte-parole du roi, je leur ai dit que je dois me conformer aux dernières volontés du défunt. Et au vu de la loi et de la coutume, les dernières volontés d’un défunt l’emportent sur toute autre action », a dit Benzige Boniface, qui fut depuis longtemps porte-parole, secrétaire et confident du dernier roi du Rwanda. En tant que confident, ce porte parole n’aura pas su, après 1994, conseiller jusqu’à contraindre, arguments à l’appui, le Roi KigeliV pour qu’uil rentre avec les honneurs d’un ancien roi, donc ancien Chef d’Etat ; ce qui aurait fait honneur à la nation rwandaise de compter deux anciens chefs d’Etat, lui (1959-1961) et Pasteur Bizimungu (1994-2000).

Benzige a-t-il laisser le roi dans ses ressentiments envers le régime du FPR qui ne l’a pas laissé rentrer au pays avec des honneurs de roi régnant ? D’aucuns trouvent qu’il est le seul garant de la vraie unité des Rwandais mais l’unité dans un sous-développement et une dépendance aux mêmes forces qui ont concouru à sa déposition violente en 1961 est-elle possible ?

Il est à craindre que l’histoire retiendra de ce dernier roi du Rwanda passablement différent de son défunt demi-frère le Roi Mutara III Rudahigwa (1931-1959), l’intrépide, le fougueux, le nationaliste, mort assassiné par son médecin belge à Bujumbura en 1959, qu’il aura été gouverné par des sentiments plutôt que par une lucidité politique sur les grandes dates névralgiques de l’histoire du Rwanda : 1959, date de son investiture, 1963 avec l’attaque des Inyenzi, 1985-6 avec les conférences nationales sur l’avenir des réfugiés rwandais, conférences initiées par le défunt professeur Alexandre Kimenyi. Il sera reproché aux proches conseillers de ce roi le fait qu’ils n’ont rien fait pour le tirer de l’immobilisme et les torpeurs dans lesquels il s’est plongé depuis la date de son exil.

Le conseil du roi, il lui sera reproché de n’avoir rien fait pour le conseiller afin que sa voix autorisée et entendue dans certaines métropoles du monde plaide en faveur d’une partie de son peuple, les Tutsi, pourchassé par le régime républicain qui lui a succédé par un coup de force colonial belge soit réhabilitée dans ses droits. Son inactivité, son immobilisme intellectuel doublé d’une paresse politique cadavérale ont fait que cette partie de rwandais est devenue une paria dans son pays, le Rwanda. Elle a été chosifiée au fil du temps puis génocidée quand celle qui s’était comme lui exilée aux quatre vents, tentait de chercher une solution à situation inconfortable depuis plusieurs décades.

Néanmoins, une personnalité publique le reste quand bien même elle n’est plus. Autant dire que le même porte-parole qui annonce que le corps du dernier roi rwandais sera inhumé dans l’exil alors que les conditions de rapatriement ne se posent pas, ceci est encore une fois une erreur d’analyse d’un porte-parole que la famille du roi ne sait pas mettre en minorité. Avec rien qu’une petite voix chétive d’un porte-parole, le Rwanda rate encore une fois l’occasion de se réconcilier avec l’histoire.

http://fr.igihe.com/l-investisseur-9/kigeli-v-dernier-roi-rwandais-inhume-en-exil-une.html

Posté le 01/11/2016 par rwandaises.com