Sous le titre sans équivoque Noires fureurs, blancs mensonges, le vétéran des africanistes en France et auteur de nombreux best-sellers retentissants, Pierre Péan, publie le 23 novembre aux éditions Mille et une nuits une enquête de près de 500 pages qui "revendique sans trouble de conscience [son] révisionnisme, puisque la seule façon de cheminer vers la vérité quand l’Histoire est truquée, c’est de la réviser".

Le lecteur ne sera pas déçu du voyage : ayant eu accès aux archives de l’Elysée, l’auteur reproduit le verbatim des réunions interministérielles ayant conduit aux différentes interventions militaires françaises, dont l’opération Turquoise ; si la politique française reste contestable, il n’y a pas trace d’une ignominie.

En revanche, du faux témoignage de Janvier Afrika sur les escadrons de la mort de Juvénal Habyarimana, le fameux "Réseau zéro", à la "guerre de désinformation" menée par l’association Survie, "le cabinet noir du FPR en France", en passant par l’effondrement en larmes au JT de 20 heures de France 2, le 28 janvier 1993, de Jean Carbonare, le premier président de Survie et, quinze mois plus tard, conseiller à la présidence rwandaise, rien ne subsiste du procès en "complicité de génocide" intenté à Paris. Sur la route, nombre de "compagnons" – journalistes et universitaires – du nouveau pouvoir à Kigali sont sévèrement étrillés. Mais comme ils n’ont sans doute pas encore lu le livre pour se défendre, pas de noms…

Attention, brûlot.

La Lettre Du Continent n° 482, 17 novembre 2005, page 3

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RWANDA/FRANCE/EDITION – "NOIRES FUREURS ET BLANCS MENSONGES" : LA CONTRE-ENQUETE DE PIERRE PEAN

 

Paris, 23 novembre 2005 (FH) – Sous le titre « Noires fureurs, blancs mensonges », Pierre Péan, auteur français de nombreuses enquêtes retentissantes, publie ce mercredi, aux Editions Mille et une nuits (groupe Fayard), un ouvrage de près de 500 pages consacré aux relations franco-rwandaises avant, pendant et après le génocide de 1994.

Comme le journaliste-écrivain le précise dans un entretien téléphonique avec Hirondelle, "ce livre est une révision de l'histoire telle qu'elle a été accréditée par la plupart des médias. Il entend réfuter la thèse selon laquelle la France a été complice du génocide rwandais comme l'Allemagne l'a été de la shoah." Pierre Péan ajoute : "je revendique ce révisionnisme sans trouble de conscience, puisque la seule façon de cheminer vers la vérité quand l'histoire est truquée, c'est de la réviser."

Pour démonter « l'une des plus stupéfiantes désinformations de l'Histoire de l'après-guerre », à savoir « l'oubli des massacres gigantesques » qui auraient accompagné la prise de pouvoir du général Paul Kagame, depuis 1994 au pouvoir à Kigali, « en désignant un peuple entier – les Hutus – à la vindicte de la communauté internationale et en nommant la France complice de cette tragédie », Pierre Péan a mené une contre-enquête sur la guerre civile au Rwanda, l'attentat contre l'avion de l'ancien président rwandais Juvénal Habyarimana qui, le 6 avril 1994, a déclenché le génocide, ainsi que sur les principaux accusateurs de la France.

Ayant eu accès aux archives de l'Elysée, le palais présidentiel francais, il démontre également, à travers les verbatim des réunions interministérielles sur le Rwanda qui s'étaient tenues à la présidence française, que la politique d'engagement de Paris, de l'opération d'assistance militaire Noroît (1990-93) à l'opération «militaro-humanitaire » Turquoise (juillet à septembre 1994), en passant par l'opération d'évacuation Amaryllis (avril 1994), était peut-être contestable mais n'avait rien d'ignominieux.

Aux « blancs menteurs » qui soutiennent le contraire, Pierre Péan consacre plusieurs chapitres dont les intitulés traduisent la virulence. Jusqu'en 1995 à la tête de l'association Survie, que l'auteur qualifie de « cabinet noir du FPR [l'ex-mouvement rebelle au pouvoir à Kigali depuis 1994] en France », Jean Carbonare, se voit ainsi consacré un chapitre titré « Le président de Survie est un menteur », pour avoir sciemment diffusé des contrevérités lors de son intervention à la télévision publique française, le 28 janvier 1993. Preuve de sa partialité, selon Pierre Péan, Jean Carbonare était employé par le nouveau pouvoir rwandais, un an plus tard, comme conseiller à la présidence. (…)

Lire la suite… (Agence Hirondelle)