Côte D'ivoire : Ouattara sous l'influence de ses sorciers blancs

Véritable inventeur du concept de Françafrique, Félix Houphouët-Boigny ne jurait que par ses conseillers français pour prendre des décisions et lancer ses grands chantiers. Marchant sur les pas de son ancien mentor, élevé au rang de figure tutélaire, Alassane Ouattara « ADO » s’est à son tour entouré d’une kyrielle de visages pâles. Au grand dam du personnel politique ivoirien.

Enquête exclusive sur les nouveaux marabouts blancs du palais présidentiel.

Guillaume Soro s’agace – D’ordinaire flegmatique, le premier ministre Guillaume Soro a piqué une grosse colère le 7 août, allant jusqu’à menacer le chef de l’Etat de démissionner. En cause, l’emprise des Français nommés à la présidence, chargés de gérer des domaines aussi stratégiques que le budget et les projets d’infrastructures.

En ligne de mire, le conseiller économique Philippe Serey-Eiffel. Recruté en mars en pleine atmosphère de pré-guerre civile, cet ingénieur des Ponts et chaussées, directeur sous Houphouët-Boigny de la puissante Direction des grands travaux (ancêtre du BNETD), est perçu comme le grand vizir de la lagune Ebrié. Aucun dossier ne lui échappe, ses prérogatives faisant de lui un vice-président chargé des finances. Pour limiter cette influence, Guillaume Soro a adressé une note à tous les membres de son gouvernement leur demandant de passer outre les instructions du conseiller.

Ce qui n’empêche pas Philippe Serey-Eiffel de cultiver ses réseaux : il serait en pourparlers avec Cédric Lombardo, ancien conseiller de Laurent Gbagbo chargé des affaires climatiques, qui souhaite proroger son contrat sous la présidence Ouattara.

Les grandes oreilles de Paris – Alors que deux ex-officiers de la Direction du renseignement militaire (DRM) française s’occupent des écoutes dans les sous-sols du palais présidentiel, le domaine de la défense est placé sous la responsabilité de Claude Réglat. Ce général quatre étoiles, ancien commandant des Forces françaises au Gabon(FFG), accompagne ADO dans la délicate réforme de l’armée, au terme de laquelle 10 000 « rebelles » devront rentrer dans le rang. Bon courage !

De son côté, le colonel français Marc Paitier vient d’être rattaché au ministre de la défense, qui n’est autre que Guillaume Soro.

Et Jean-Yves Garnault, ex-collaborateur de Laurent Gbagbo désormais en faction auprès du trésorier payeur général (TPG), passe au crible les dépenses militaires engagées par l’Etat.

Concernant les réformes de l’administration et de la justice, Nicolas Sarkozy recherche actuellement la personnalité idoine pour remplir le job. Ce serait Yannick Prost, chargé de mission au sein de la cellule Union pour la Méditerranée (UPM) de l’Elysée.

Pour toutes les questions de santé, prière de s’adresser au médecin belge – mais très francophile – Christian Delmotte. A l’instar de Bernard Kouchner en Guinée, ce dernier a une marotte : la mise en place d’une couverture maladie universelle en Côte d’Ivoire.

Intendance et savoir-faire culinaire – Le pouvoir ivoirien s’appuie tout autant sur les Français pour assurer le fonctionnement du palais. Les entretiens d’embauche sont passés par Dominique Ouattara. Ainsi, la première dame s’est rapprochée d’Olivier Payet, le chef de cuisine du restaurant L’Ambassadeur de l’Hôtel Tiama d’Abidjan, pour lui proposer de devenir le nouvel intendant de la présidence.

Pas rancunier, le chef de l’Etat a, pour sa part, conservé certaines figures en poste sous Laurent Gbagbo, tel Jean-Louis Blanc qui continue de gérer le parc automobile de la présidence.

En matière de communication, Anne Méaux est le nouveau gourou du couple Ouattara, après avoir évincé Patricia Balme (PB Com International).

Quant à Frédéric Bedin, directeur général de Public Système Hopscotch, il a été imposé par l’Elysée pour organiser les grands événements du pays. L’investiture du chef de l’Etat, en mai, c’est lui !

Last but not least, le grand architecte-bâtisseur Pierre Fakhoury, alias « lui-même », a su préserver son rôle de confident auprès des chefs d’Etat ivoiriens…


© Source : La lettre du continent
Posté par rwandanews