Selon une estimation de l’African Institute for Remittances, les transferts de fonds de la diaspora africaine vers le Continent auraient atteint 65 milliards de dollars en 2017. Par Aboubacar Yacouba Barma

Selon une estimation de l’African Institute for Remittances, les transferts de fonds de la diaspora africaine vers le Continent auraient atteint 65 milliards de dollars en 2017. (Crédits : Reuters)
Après deux années de baisse consécutive à la crise qui a affecté les pays développés, les transferts d’argent ont bondi de 8,5% en 2017, selon le rapport que vient de publier la banque mondiale ce lundi. En Afrique subsaharienne, les transferts ont progressé de 11%, une dynamique qui devrait se poursuivre cette année, confortant ainsi la contribution de cette manne au développement du Continent.
L’effet de la crise économique qui a frappé depuis 2008 les pays développés semble bien s’estomper. C’est en tout cas ce que vient confirmer la hausse des fonds transférés à destination des pays pauvres ou à faibles revenus. Selon le rapport que vient de publier la Banque mondiale ce lundi 23 avril, le montant des fonds envoyés dans les pays à revenus faibles ou moyens a atteint 466 milliards de dollars en 2017, contre 429 milliards en 2016, soit une augmentation de 8,5%.
Par région, l’Europe et l’Asie centrale ont enregistré le taux le plus important en termes d’augmentation de transferts avec un bond de 21%, suivies de l’Afrique subsaharienne avec 11,4 %, a détaillé la Banque mondiale dans un communiqué. D’après la même source, le rebond des transferts d’argent a été plus fort que prévu, tiré par la croissance en Europe, en Russie et aux Etats-Unis, ce qui a permis aux migrants et à leurs familles d’envoyer davantage d’argent à destination de l’Inde (69 milliards de dollars), de la Chine (64 milliards), des Philippines (33 milliards), du Mexique (31 milliards), du Nigeria (22 milliards) et de l’Egypte (20 milliards).
Selon les prévisions de la Banque mondiale, les transferts d’argent vers les pays pauvres devraient encore s’accroître en 2018 de 4,1% pour atteindre 485 milliards de dollars. «Alors que les transferts d’argent augmentent, les pays, les institutions et les agences de développement doivent continuer à réduire ces coûts élevés pour permettre aux familles de recevoir plus d’argent», a commenté Dilip Ratha, principal auteur du rapport qui a ainsi plaidé pour l’élimination des contrats d’exclusivité afin d’améliorer la concurrence.
Le rapport a en effet relevé qu’au premier trimestre 2018, envoyer 200 dollars vers son pays d’origine coûtait 7,1% en moyenne, «un tarif bien supérieur à ce qui est jugé optimal». C’est d’ailleurs en Afrique subsaharienne où envoyer son argent demeure le plus coûteux avec un coût moyen de 9,4%.
Une manne pour le développement
Le rapport de la Banque mondiale confirme donc la bonne dynamique des envois de fonds qui jouent un rôle important dans le développement du Continent. Il y a quelques jours, un autre rapport publié par l’African Institute for Remittances (AIR) avait déjà estimé à 65 milliards de dollars le montant atteint en 2017 par les transferts de fonds de la diaspora africaine vers le Continent. Un montant qui correspond à plus du double de l’aide publique au développement pour l’Afrique, estimée à 29 milliards en 2017. Selon le rapport, les fonds profiteraient à plus de 120 millions d’Africains grâce aux opérations réalisées par quelque 30 millions de migrants africains.
Selon la même source qui a aussi fait cas de la cherté des transferts en Afrique, ce montant ne représente pourtant qu’une partie du flux réel d’argent provenant de la diaspora africaine. «Les données sur les flux de transferts de fonds, cependant, sont largement sous-estimées en raison, entre autres, de l’utilisation générale des canaux de transferts de fonds informels ou non réglementés et de la capacité de collecte de données relativement faible de nombreux pays d’Afrique», a mis en exergue le rapport de l’AIR qui donne plus de détails sur les flux financiers en Afrique.
Si une baisse de 7% des coûts de transferts est projetée d’ici à 2019, les auteurs du rapport ont toutefois relevé qu’il est encore loin de l’objectif des 3% fixé par l’Union africaine à l’horizon 2030, dans le cadre des Objectifs de développement durable (ODD).

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Posté le 26/04/2018 par rwandaises.com