«La francophonie a un bel avenir en République de Corée» – Interview Yonhap




L’ambassadrice du Rwanda en Corée du Sud Emma Isumbingabo et l’ambassadeur de France Fabien Penone accordent le jeudi 28 mars 2019 une interview à l’agence de presse Yonhap au siège de la Chambre de commerce et d’industrie de Corée (KCCI) à Séoul.

 «La francophonie a un bel avenir en république de Corée» car elle s’appuie sur un grand nombre de jeunes et d’universités souhaitant intégrer l’espace francophone, a estimé l’ambassadrice du Rwanda en Corée du Sud Emma Isumbingabo.

La haute diplomate rwandaise, qui préside cette année le Conseil de promotion de la francophonie en Corée (CPFC), a accordé jeudi une interview conjointe à l’agence de presse Yonhap avec l’ambassadeur de France à Séoul Fabien Penone qui en assure le secrétariat.

La Fête de la francophonie organisée sur les cinq continents autour de la Journée internationale de la francophonie bat son plein au pays du Matin-Clair avec plus de 80 événements dans une grande variété de domaines qui se poursuivront jusqu’au 31 mars à Séoul, ainsi que dans d’autres grandes villes comme Suwon, Daejeon, Daegu, Incheon et Geoje.

Elle est destinée à promouvoir non seulement la langue française et la diversité culturelle et linguistique mais aussi la paix, la démocratie et les droits de l’Homme, a expliqué l’ambassadrice du Rwanda.

L’ambassadeur français a prévu qu’«au moins 10.000 personnes fréquenteront ces événements directement».

Pour lui, la soirée d’ouverture de la Fête de la francophonie, qui a eu lieu le 19 mars, a été un grand succès «à travers le buffet de spécialités culinaires francophones qui a permis de montrer la diversité de la gastronomie mais aussi de la culture francophone». En particulier, la chanteuse de pansori franco-camerounaise Laure Mafo a établi un «pont entre la Corée et l’espace francophone» en chantant en français et en coréen à cette occasion, a-t-il noté.

Le deuxième Festival culinaire francophone sera organisé ce samedi à Daejeon avec des spécialités culinaires du Canada, de la France, du Gabon, de la Guinée-Conakry, du Maroc, de la Suisse, du Rwanda et de la Tunisie. «Ce sera l’occasion pour les habitants de Daejeon de s’approprier davantage de la culture francophone», a dit le diplomate.

L’ambassadeur français a mis en relief le dynamisme de la francophonie en Corée du Sud.

«La langue française est vivante ici en Corée. Il y a au moins 50.000 Coréens qui apprennent le français chaque année, 28.000 lycéens dans 120 écoles différentes, 9.000 étudiants dans 54 départements d’université», a-t-il détaillé. En termes de proportion de francophones dans la population totale, «la Corée du Sud est bien devant la Chine et le Japon», a-t-il observé.

Il est à noter que la Corée du Sud est devenue en novembre 2016 le premier pays d’Asie du Nord-Est à rejoindre l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) en tant que membre observateur.

Le représentant français a aussi souligné qu’au-delà des langues régionales, «les jeunes coréens ont tout intérêt à apprendre les grandes langues internationales» dans un contexte de globalisation, notamment le français qui compte aujourd’hui 300 millions de locuteurs. La population francophone mondiale a augmenté de 10% entre 2014 et 2018, a-t-il précisé en se basant sur un rapport de l’Observatoire de la langue française (OLF). Selon les projections de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), la population francophone mondiale atteindra 700 millions en 2050.

Il a en outre signalé l’intérêt croissant dont jouit le coréen auprès des Français. «Le coréen est actuellement la langue asiatique qui connaît la plus forte progression en France», a-t-il fait savoir avant de rappeler le changement du statut du coréen au baccalauréat français, qui peut être présenté comme une première langue vivante étrangère depuis 2017. Il a de même indiqué que la France était en train de «mettre en place des sections internationales de coréen où les jeunes français apprendront le coréen en apprenant les mathématiques».

L’ambassadeur Fabien Penone a souligné que la promotion de la diversité linguistique, qui est l’enjeu de la francophonie au-delà de la promotion du français, «se fait dans l’intérêt à la fois de la francophonie mais aussi de la Corée». «Le renforcement d’une langue favorise le renforcement de l’autre. Ce n’est pas un jeu à somme nulle.»

Il a aussi estimé que la coopération universitaire était le domaine où la relation avec la francophonie se développe le plus rapidement avec notamment quatre établissements coréens qui ont rejoint l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) regroupant 800 universités dans le monde, à savoir l’université Ajou, l’université féminine Sookmyung, l’université Hankuk des études étrangères et l’université nationale de Jonbuk.

Il a notamment encouragé le «français utile» qui sert à voyager, à étudier et à travailler. Parmi les efforts allant dans ce sens, il a cité l’exemple du master de gestion des institutions culturelles mis en place par Sookmyung avec l’université Paris-Dauphine, qui permet aux étudiants qui suivent cette formation d’être diplômé des deux établissements et qui offre des débouchés dans l’industrie de luxe, dans les grandes institutions culturelles françaises, coréennes et internationales et dans l’industrie du divertissement.

Plus tard dans la journée, l’ambassadeur de France est allé à la rencontre d’environ 60 jeunes étudiants francophones de la Graduate School of Interpretation & Translation (GSIT) de l’université Hankuk des études étrangères pour les écouter et parler ensemble de la francophonie.

Il a une nouvelle fois mis l’accent sur le français utile : «Je soutiens le français dans le département du français mais pour faire vivre le français il faut le faire sortir de l’école.»

L’ambassadrice Emma Isumbingabo a aussi salué les efforts de Séoul en faveur de la francophonie en exprimant ses remerciements, notamment pour le message de félicitations adressé le 20 mars par la ministre des Affaires étrangères Kang Kyung-wha à tous les francophones et francophiles. C’était la première fois qu’un chef de la diplomatie sud-coréenne envoyait un tel message à l’occasion de la Journée internationale de la francophonie.

«L’année passée en 2018, la francophonie a connu de très beaux moments», a-t-elle observé avant d’énumérer des exemples : la visite de la secrétaire générale de la francophonie de l’époque, Michaëlle Jean, qui a été reçue par le Premier ministre Lee Nak-yon, l’utilisation du français comme langue officielle des Jeux olympiques de PyeongChang 2018 et la désignation de l’ancienne ministre française de la Culture et de la Communication Fleur Pellerin comme «grand témoin» de la francophonie pour ces JO.

http://www.rwanda-podium.org/index.php/actualites/politique/4742-francophonie-interview-ambassadeurs-du-rwanda-et-de-france-en-coree-du-sud

Posté le 29/03/2019 par rwandaises.com