Un consortium de plus de 50 journalistes, principalement européens et issus de 17 médias, a lancé une série d’articles intitulée « Rwanda Classified » visant à ternir l’image du Rwanda à quelques mois des élections générales.

Cette initiative est orchestrée par Forbidden Stories’, une plateforme et un site Internet de l’association de journalistes Freedom Voices Network, créés en novembre 2017 par Laurent Richard et soutenus par Reporters sans frontières.

Souvent pointée du doigt pour être un instrument utilisé par certaines entités dans les pays occidentaux pour déstabiliser différents pays ou personnes, Forbidden Stories pourrait laisser penser à des révélations inédites sur le Rwanda. Cependant, le contenu n’est qu’une répétition d’accusations et de rumeurs rabachées par ceux qui nourrissent des intentions malveillantes à l’égard du pays chaque fois qu’il traverse une période cruciale.

Un pamphlet d’accusations réchauffées

Depuis plus de vingt ans, le Rwanda fait face à des accusations infondées provenant de certains acteurs en Occident, souvent pour des raisons obscures. Ces articles tentent de présenter le Rwanda d’une manière que quiconque vit et interagit réellement avec ce pays trouverait erronée. Le Rwanda a été injustement blâmé pour le désordre en RDC, critiqué pour ses investissements dans le tourisme et ses partenariats avec des équipes sportives européennes, accusé de « sports-washing », de « gender-washing », et d’utiliser le maintien de la paix comme levier de pression, entre autres.

Ce qui est intéressant, c’est que les personnes qui font ces accusations n’ont pas vraiment changé au cours des deux dernières décennies. C’est toujours le même groupe de personnes.

Les acteurs clés de cette campagne

Michaela Wrong

Michaela Wrong, une journaliste britannique ayant travaillé pour divers médias internationaux, est célèbre pour ses écrits dénigrant le Rwanda depuis 2013, année de l’assassinat de Patrick Karegeya en Afrique du Sud. Wrong a depuis consacré sa carrière à noircir l’image du Rwanda.

Théogène Rudasingwa

Ancien ambassadeur du Rwanda aux États-Unis, Théogène Rudasingwa apparaît souvent dans les rapports critiquant le Rwanda. Ayant fui le pays en 2004 après des accusations de mauvaise conduite, y compris la corruption, il est parmi les fondateurs du groupe terroriste RNC et continue de conspuer le Rwanda. Au Rwanda il a ete condamné pour menace contre la sécurité de l’Etat.. Il encourt une peine de 24 d’emprisonnement.

Judi Rever

La journaliste canadienne Judi Rever est une habituée des campagnes de diffamation contre le Rwanda. Dans son livre « In Praise of Blood », elle accuse le FPR d’avoir participé au génocide des Tutsi, alors que la communauté internationale reconnaît que le FPR a mis fin à ce génocide.

Byansi Samuel Baker

Jeune journaliste, Byansi Samuel Baker a connu un début de carrière prometteur avant de prendre un virage qui l’a vu devenir un complotiste visant en permanence le gouvernement rwandais, qu’il a accusé à tort de nombreux maux infondés, avant de quitter le Rwanda. Depuis son départ, il s’est rallié aux opposants du gouvernement rwandais.

Lewis Mudge

Directeur pour l’Afrique de Human Rights Watch, Lewis Mudge est connu pour ses critiques acerbes et souvent infondées contre le Rwanda. Il a fréquemment minimisé le génocide des Tutsi et prétend que le Rwanda est un État répressif, ce qui ne surprend pas de le voir associé à cette campagne.

Une coordination planifiée pour dénigrer le Rwanda

Ce que nous observons dans les articles et vidéos de Forbidden Stories est la coordination de quatre groupes principaux :

– Les anciens membres des gouvernements génocidaires : Des figures comme Agathe Kanziga Habyarimana, veuve de l’ancien président Juvénal Habyarimana et membre influente de l’Akazu, un cercle restreint de l’élite politique rwandaise accusé d’orchestrer le génocide de 1994. Elle est également suspectée d’avoir joué un rôle dans la mort de son mari. Charles Ndereyehe, ancien directeur de l’ISAR (Institut des Sciences Agronomiques du Rwanda) et accusé de participation active au génocide, font partie de ceux qui ont longtemps été des voix critiques contre le Rwanda.

– Les anciens membres mécontents du FPR : Des individus comme Théogène Rudasingwa, qui ont fui le pays après des accusations de corruption et autres crimes.

– Les descendants des génocidaires : Principalement basés en Belgique, des personnes comme Natacha Abingeneye et Placide Kayumba continuent de diffuser l’idéologie du génocide. Natacha Abingeneye est affiliée à Jambo ASBL, une organisation connue pour sa propagande négationniste du génocide des Tutsi. Placide Kayumba, également membre actif de Jambo ASBL, utilise cette plateforme pour perpétuer des idéologies génocidaires. Ces individus continuent de propager des récits révisionnistes et de minimiser la gravité des crimes commis pendant le génocide.

– Les ONG hostiles : Des organisations telles que Human Rights Watch et Amnesty International, souvent critiques à l’égard du Rwanda.

Une litanie d’accusations

Ces attaques répétées contre le Rwanda n’ont jamais atteint leur objectif. Ce n’est pas la première fois que le Rwanda subit de telles attaques à des périodes charnières pour son avenir.

Les attaques lors des élections de 2010

En 2010, année où le pays organisait pour la deuxième fois les élections présidentielles depuis sa libération, des grenades ont été lancées à Kigali aux mois de février et le 11 août, juste deux jours après les élections, blessant sept personnes. Ces attaques visaient à semer le chaos.

Le Rapport Mapping

Avant les élections de 2010, des médias internationaux ont diffusé des informations négatives basées sur le rapport de l’ONU intitulé « Mapping Report », accusant le Rwanda de probables actes de génocide en RDC. Ce rapport, truffé d’inexactitudes, a été largement discrédité et rangé aux oubliettes de l’histoire.

La référendum de 2015

Lors du référendum de 2015, des tentatives de déstabilisation ont impliqué des personnalités locales et des artistes comme Kizito Mihigo, qui ont comploté avec des groupes armés. En 2014, Kizito Mihigo a avoué qu’ils prévoyaient de tuer des dirigeants, dont le président.

Le documentaire « Rwanda : Untold Story »

En 2014, le documentaire « Rwanda : Untold Story » a prétendu que le FPR était responsable du génocide des Tutsi, des affirmations qui ont valu à la branche Kinyarwanda de BBC, d’être interdite de diffusion au Rwanda. Ce documentaire visait à minimiser le génocide et à discréditer les autorités rwandaises.

L’Arrestation de Lt Gen Karenzi Karake

En juin 2015, le général Emmanuel Karenzi Karake a été arrêté à Londres sur des accusations infondées issues d’une enquête biaisée. Il a été libéré après une forte mobilisation des Rwandais, montrant que ces tentatives de déstabilisation ne réussissent jamais.

Ces attaques n’ont jamais atteint leur but de perturber le Rwanda. Le pays a continué de progresser, avec une pauvreté réduite de près de 80 % en 1994 à 38 % aujourd’hui. L’espérance de vie a augmenté de 51 ans à plus de 69 ans. Kigali est devenue une destination de choix pour les conférences internationales et l’économie rwandaise connaît une croissance soutenue de plus de 7 % par an.

Il est clair que ces attaques n’ont aucun impact sur la détermination du Rwanda à avancer.

Toutes ces personnes ont en commun la volonté tenace de nuire à l’image du Rwanda

https://fr.igihe.com/Forbidden-Stories-Pourquoi-le-Rwanda-est-de-nouveau-pris-pour-cible.html