Afrique et le Moyen-Orient   
 
Rwanda: un expert de la diaspora aide des enfants atteints de déficiences mentales
Ailsa Jones
Posted on Friday, 21-12-2007
Des enfants du centre de soins de jour Tubiteho.    (Photo: © Gasana Ndoba Rwanda, 2007)

Rwanda – Au centre de soins de jour Tubiteho, situé au centre de Kigali, une trentaine de professeurs, d'aides-soignants et de parents écoutent attentivement un intervenant au terme d'une formation intensive sur les soins psychologiques et éducatifs à apporter aux enfants atteints de déficiences mentales.

Silas Iyakaremye est le centre de leur attention. Psychothérapeute et expert en communication rwandais installé en Belgique, il intervient dans le cadre d'une mission de trois mois financée par le programme MIDA (Migration pour le développement en Afrique) de l'OIM pour la région des Grands Lacs.

« Notre objectif est de former le personnel de Tubiteho et de centres du même type afin que les enfants atteints de déficiences mentales puissent atteindre leur potentiel réel » explique Silas Iyakaremye, qui travaille depuis plus de 20 ans dans le domaine de la santé, de la psychologie éducative et de l'enseignement auprès d'enfants atteints de déficiences mentales.

Tubiteho – qui signifie « Prenons soin d'eux » en Kinyarwanda – a été créé par Gasana Ndoba et par le Dr Innocent Gakwaya, un temps expatriés en Belgique, et qui ont tous deux une fille atteinte de retard mental.

Gasana Ndoba, qui gère désormais l'association Tubiteho, a décidé de retourner au Rwanda en 1999, après avoir vécu et travaillé en Belgique pendant 22 ans. Mais cette décision a été difficile à prendre car sa fille est atteinte d'une légère infirmité motrice cérébrale. En Belgique, il était possible d'avoir facilement accès à des services de soins et des services éducatifs spécialisés, mais il n'existe que très peu de centres spécialisés du même type au Rwanda.

Gasana a finalement trouvé un centre endehors de Kigali qui aurait pu prendre en charge Rusaro, mais ce centre était trop éloigné de chez lui, et il a donc décidé de créer un nouveau centre à Kigali avec l'aide du Dr Innocent Gakwaya.

Ensemble, ils ont réussi à récolter deux millions de Francs rwandais (4000 dollars) auprès de parents d'autres enfants nécessitant des soins spécialisés et de différentes ONG, dont l'organisation irlandaise pour le développement Trocaire, et à ouvrir le centre Tubiteho en octobre 2005.

Aujourd'hui, le centre Tubiteho repose exclusivement sur la contribution des parents et seul l'enthousiasme de l'équipe et son engagement compensent le manque de ressources. Il n'y a pas d'équipements permettant de faire de la physiothérapie et des exercices, et il n'y a ni ordinateurs, ni logiciels éducatifs pour aider les enfants.

Les enfants dont les parents ne sont pas en mesure de couvrir les frais ne peuvent être admis, mais le centre Tubiteho essaie de mettre en place un programme de parrainage avec des familles et des centres situés dans d'autres pays pour récolter des fonds et être en mesure de prendre en charge des enfants gratuitement.

Ce centre participe par ailleurs /* Interactive Image slideshow with text description By Christian Carlessi Salvadó (cocolinks@c.net.gt). Keep this notice intact. Visit http://www.dynamicdrive.com for script */ g_fPlayMode = 0; g_iimg = -1; g_imax = 0; g_ImageTable = new Array(); function ChangeImage(fFwd) { if (fFwd) { if (++g_iimg==g_imax) g_iimg=0; } else { if (g_iimg==0) g_iimg=g_imax; g_iimg–; } Update(); } function getobject(obj){ if (document.getElementById) return document.getElementById(obj) else if (document.all) return document.all[obj] } function Update(){ getobject("_Ath_Slide").src = g_ImageTable[g_iimg][0]; getobject("_Ath_FileName").innerHTML = g_ImageTable[g_iimg][1]; getobject("_Ath_Credits").innerHTML = g_ImageTable[g_iimg][2]; //getobject("_Ath_Img_X").innerHTML = g_iimg + 1; //getobject("_Ath_Img_N").innerHTML = g_imax; } function Play() { g_fPlayMode = !g_fPlayMode; if (g_fPlayMode) { getobject("btnPrev").disabled = getobject("btnNext").disabled = true; Next(); } else { getobject("btnPrev").disabled = getobject("btnNext").disabled = false; } } function OnImgLoad() { if (g_fPlayMode) window.setTimeout("Tick()", g_dwTimeOutSec*1000); } function Tick() { if (g_fPlayMode) Next(); } function Prev() { ChangeImage(false); } function Next() { ChangeImage(true); } ////configure below variables///////////////////////////// //configure the below images and description to your own. g_ImageTable[g_imax++] = new Array ("/jahia/gen-images/featureArticle/entry/pics/16269.jpg", "Des enfants avec un membre de l’équipe du centre de soins de jour Tubiteho.", "(Photo : © Gasana Ndoba Rwanda, 2007)"); g_ImageTable[g_imax++] = new Array ("/jahia/gen-images/featureArticle/entry/pics/16276.jpg", "Des enfants du centre de soins de jour Tubiteho.", "(Photo: © Gasana Ndoba Rwanda, 2007)"); g_ImageTable[g_imax++] = new Array ("/jahia/gen-images/featureArticle/entry/pics/16267.jpg", "Des enfants du centre de soins de jour Tubiteho.", "(Photo : © Gasana Ndoba Rwanda, 2007)"); g_ImageTable[g_imax++] = new Array ("/jahia/gen-images/featureArticle/entry/pics/16268.jpg", "Silas Iyakaremye, un expert appartenant à la diaspora rwandaise, formant les enseignants et les aides soignants dans le centre de soins de jour Tubiteho, à Kigali.", "(Photo: © Ailsa Jones/IOM, 2007)"); g_dwTimeOutSec=2 ////End configuration///////////////////////////// if (document.getElementById||document.all) window.onload=Next

 
 
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(Photo : © Gasana Ndoba Rwanda, 2007)
 
Des enfants avec un membre de l’équipe du centre de soins de jour Tubiteho.
 
 
     

activement aux efforts mis en oeuvre pour améliorer la situation des personnes souffrant de maladies mentales au Rwanda. En janvier 2007, le Rwanda a adopté une première loi sur les droits des personnes handicapées, mais celle-ci portait essentiellement sur les handicaps physiques plutôt que sur les handicaps mentaux.

L'OIM s'est engagée auprès de ce centre après que ce dernier ait demandé l'aide de l'Organisation en matière de formation au travers du bureau du MIDA au sein du Ministère rwandais du Travail et des Services publics. L'équipe MIDA de l'OIM à Bruxelles s'est chargée de trouver des formateurs spécialisés et a fini par recruter Silas Iyakaremye.

L'ONG Handicap International s'est chargée de fournir des moyens de transport pour permettre à d'autres centres spécialisés situés à proximité de Kigali de bénéficier de ce programme de formation.

Agnès Mukashyaka, qui participe à cette formation, a créé le centre Izere Mubyeyi (L'espoir des parents) en 2002 parce qu'elle ne parvenait pas à trouver un centre pour son fils adolescent. « Au Rwanda, les parents ont tendance à cacher les enfants atteints de déficiences mentales car ils ont souvent honte. Nous avons dû travailler dur pour informer les parents sur ce qu'ils pouvaient faire pour aider leurs enfants » explique-t-elle.

« Nous avons de nombreux besoins, mais nous n'avions pas le savoir-faire. Cette formation nous a beaucoup appris sur les besoins en termes d'éducation spécialisée. Si nous avions eu ce savoir-faire auparavant, nous aurions pu améliorer bien des choses plus tôt » explique Agnés Mukashyaka, dont le centre accueille actuellement 72 enfants.

Cette formation, dispensée en kinyarwanda et en français, couvre différents domaines tels que l'examen clinique d'enfants atteints de handicaps, les différentes techniques d'éducation spécialisée et l'information auprès des familles. Ancilla Kayiraba, qui participe également à cette formation, enseigne à Kigali dans le centre Hirwa Iwanyu (Faites comme chez vous), qu'elle dirige et qu'elle a créé pour aider sa fille, Umutani, également atteinte de déficience mentale.

« Avant, Umutoni était frustrée et marginalisée. Elle ne comprenait pas pourquoi elle ne pouvait pas aller à l'école comme ses frères et soeurs. Aller dans ce centre a été extrêmement positif pour elle. Elle se prépare tous les jours pour aller à l'école comme les autres, elle est tellement heureuse » explique Ancilla Kayiraba.

Thérèse Safari témoigne également de l'importance des soins de jour pour sa fille Constance, au centre Tubiteho depuis 2006. « Désormais, elle est en compagnie d'autres enfants et elle apprend à lire et à écrire, ce qui lui donne confiance en elle » affirme-t-elle.

Aline Kanobayita, une travailleuse sociale diplômée qui a dirigé le centre Tubiteho depuis 2005, affirme cependant qu'elle et son équipe avaient besoin d'une formation sur l'éducation spécialisée pour prendre correctement soin des enfants dont ils ont la charge.

« Avant que Silas ne vienne nous former, nous devions nous former par nousmêmes. Mais grâce à cette formation, les choses sont bien plus structurées et nous pouvons désormais avoir une approche au cas par cas » explique-t-elle.

Silas Iyakaremye salue ces retours positifs, mais il admet qu'il reste encore beaucoup à faire. « Beaucoup de personnes m'ont demandé de revenir pour de nouvelles formations. Les besoins sont énormes et les ressources sont limitées » explique-t- il.

Il souligne l'absence d'évaluation individuelle de chaque enfant et de diagnostic, qui a pour conséquence que de nombreux enfants souffrant de troubles pouvant être aisément traités sont exclus inutilement du cursus scolaire normal.

« Un bon diagnostic de troubles tels que la dyslexie, les troubles de l'attention, l'épilepsie et les déficits auditifs, peut permettre à de nombreux enfants de suivre une scolarité normale. Il reste beaucoup à faire pour que les enfants aient accès au traitement dont ils ont besoin » explique-t-il.

Jusqu'à pr ésent, 35 organisations rwandaises partenaires ont pu bénéficier du programme MIDA de l'OIM pour la région des Grands Lacs dans les domaines de l'éducation, de la santé et du développement. Près de 66 expatriés ont participé à ce programme.