Madagascar : Rajoelina menacé de sanctions par le GIC

L’anniversaire du transfert de pouvoir de l’ancien président malgache Marc Ravalomanana vers le directoire militaire, qui a transféré la présidence à Andry Rajoelina, quelques heures après, est commémoré par la tombée des sanctions internationales préparées par l’Union Africaine mercredi.

Le 17 mars 2009, Ravalomanana a déclaré la dissolution de son gouvernement et a laissé son plein pouvoir, à un directoire militaire lequel serait «dirigé par le plus ancien dans le grade le plus élevé, toutes armes confondues».

L’ordonnance 2009-001 stipule que les missions du directoire militaire sont entre autres « la restauration de l’ordre public, l’ organisation des assises nationales pour discuter et élaborer d’ éventuelle modifications de la constitution, la préparation et la révision du code électoral, la préparation de la loi sur les partis politiques et l’organisation des élections dans un délai n’ excédant pas 24 mois».

Le pouvoir de Rajoelina a été légalisé par la Haute Cour Constitutionnelle, au lendemain du transfert de pouvoir et il a prêté serment en tant que président de la Haute Autorité de Transition (HAT) le 21 mars 2009.

Pourtant, la communauté internationale, dont L’Union européenne, les Etats-Unis, L’Union africaine et la Communauté de Développement de l’Afrique Australe (SADC) ont condamné le 20 mars 2009 le pouvoir de Rajoelina comme anticonstitutionnelle et même comme coup d’Etat, tandis que les supporteurs de Ravalomanana ont tenu des manifestations massives pour protester contre la prise du pouvoir de Rajoelina et demander le retour de Ravalomanana au pouvoir.

Rajoelina a nommé officiellement ses ministres, et a suspendu l’Assemblée Nationale et le Sénat le 31 mars 2009. Il a organisé des assises nationales en absence des partisans de Ravalomanana les 2 et 3 avril 2009 et a annoncé l’organisation d’un référendum sur la constitution en septembre 2009, des élections législatives en mars 2010 et d’une élection présidentielle en octobre 2010.

Les quatre protagonistes, dont Rajoelina et les anciens présidents Marc Ravalomanana, Didier Ratsiraka et Albert Zafy ont accepté de participer aux pourparlers à Maputo, capitale de Mozambique, le 31 juillet 2009. Ils ont signé les accords de Maputo, le 9 août 2009, pour diriger ensemble une transition politique d’une durée de 15 mois maximum, à l’issue de laquelle des élections législatives et présidentielles se tiendront sous la supervision internationale. Une amnistie serait accordée à Ravalomanana, lui permettant de revenir au pays.

Ils se sont rendus à Addis-Abeba le 7 novembre et ont signé un acte additionnel pour partager le pouvoir. Ils ont maintenu Andry Rajoelina, à la tête de la Transition, mais lui adjoignant deux  » co-présidents », dont Emmanuel Rakotovahiny de la mouvance Zafy et Fetison Rakoto Andrianirina de la mouvance Ravalomanana. Ils ont également nommé Eugène Mangalaza de la mouvance Ratsiraka en tant que Premier ministre de consensus.

Pourtant, Rajoelina a rejeté les accords de Maputo et a décidé de diriger seul la transition en disant que la cohabitation entre les quatre mouvances est impossible due à la difficulté de la formation du gouvernement de Mangalaza.

Le conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’union Africaine a donné la date du 16 mars 2010 comme date butoir à Rajoelina pour appliquer les accords de Maputo et l’acte additionnel d’Addis- Abeba pour résoudre une bonne fois pour toute la crise politique à Madagascar mais il a réuni les partis politique dans le pays le 4 et 5 mars dernier pour tracer une feuille de route pour la transition.

Cet atelier du 4 et 5 mars a décidé de tenir une élection d’une assemblée constituante pour rédiger une nouvelle constitution et a décidé terminer la transition avant le 31 décembre 2010.

Rajoelina a annoncé même mercredi matin, lors de sa descente à Manakara, une ville au sud-est de Madagascar pour rendre visite aux victimes du cyclone Hubert, qu’il préfère d’être sanctionné et rester au pays avec ses peuples que d’aller suivre les accords de Maputo et l’acte additionnel d’Addis-Abeba.

Un an après le transfert de pouvoir du Ravalomanana au directoire militaire et du directoire militaire à Rajoelina, le pays est toujours plongé dans la crise politique à cause de la difficulté de la réconciliation des quatre mouvances à l’intérieur. Selon un expert malgache en science politique, Mr. Raniriharinosy Harimanana, la HAT a encore une longue voie à marcher pour réaliser la réconciliation nationale.

Source: xinhua

http://french.peopledaily.com.cn/International/6924594.html

Posté par rwandaises.com