Un évêque catholique rwandais, Mgr Servilien Nzakamwita, a proposé lundi une réforme dans l’enseignement des langues dans le système éducatif au Rwanda, suggérant l’introduction de la langue nationale kinyarwanda à côté de l’anglais, étant donné que cette dernière langue n’est pas parfaitement maitrisée par tous les élèves qui sortent du lycée.

« C’est un véritable défi si certains étudiants qui terminent l’école secondaire ne parviennent pas mieux à assimiler la matière, faute de maîtriser la langue d’enseignement », a déclaré Mgr Nzakamwita, actuel évêque de Byumba, un diocèse situé à 60 kilomètres de Kigali, dans le nord du Rwanda.

« Il est surprenant que dans un pays comme le Rwanda, la langue nationale qui est pourtant la mieux maîtrisée par une grande partie des étudiants ne soit pas pratiqué comme langue d’enseignement pour leur permettre de mieux assimiler la matière », s’est interrogé le prélat catholique.

Mgr Nzakamwita s’exprimait en marge d’une conférence sur le dialogue national de deux jours qui regroupe annuellement au Rwanda les hautes autorités administratives de ce pays, les leaders d’opinion, les représentants de la société civile, ainsi que la diapora rwandaise.

De son côté, le chef de l’Etat rwandais, Paul Kagame, soutient la position de son pays qui a adopté l’anglais comme nouvelle langue de travail à la place dufrançais, tout en affrirmant toutefois que le Rwanda n’a jamais quitté la famille de la Francophonie.

« Si le Rwanda a décidé d’appliquer l’anglais comme nouvelle langue de travail et dans le curriculum éducation, cela est un choix stratégique », a affirmé le président Kagame.

En 2009, la réforme dans le système éducatif au Rwanda a connu un sérieux coup d’accélérateur avec l’adoption de l’anglais par substitution à la langue française dans l’éducation et dans l’administration.

En novembre 2009, le Rwanda a rétabli ses relations diplomatiques avec la France qui avaient été rompues deux années auparavant, après qu’un juge d’instruction français, Jean-Louis Bruguière, a émis des mandats d’arrêt internationaux contre neuf personnalités rwandaises proches du président Paul Kagame, dans une enquête contre l’attentat contre l’ex-président rwandais Juvénal Habyarimana, dont la mort a servi d’élément déclencheur du génocide qui a fait plus de 800.000 morts en 1994 essentiellement parmi la communauté Tutsie.

Pana

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Posté par rwandanews