Le président français Nicolas Sarkozy a fait escale, le 25 février, à Kigali. Une visite-éclair pour réchauffer les relations diplomatiques bilatérales et pour tourner définitivement une page tumultueuse de l’histoire des deux pays. Belle opportunité pour évoquer les perspectives d’avenir dans la région des Grands Lacs.

 

Nicolas Sarkozy et Paul Kagamé lors d'une conférence de presse, Kigali, 25 février 2010

Nicolas Sarkozy et Paul Kagamé lors d’une conférence de presse, Kigali, 25 février 2010

A l’initiative de la France, une conférence réunira au mois de juin en France les pays de l’Afrique des Grands Lacs et les bailleurs de fonds intéressés par cette région. Il s’agit de lancer des « projets économiques conjoints » susceptibles de favoriser la paix dans la région.

Mais auparavant, au mois de mai, lors du prochain sommet qui aura lieu à Nice, sur la Côte d’Azur, les chefs d’Etat et de gouvernement des Etats de l’Afrique des Grands Lacs débattront de cette question avec le président Nicolas Sarkozy. La France souhaite l’éclosion des « projets communs » entre ces pays en matière économique, notamment dans l’Energie, le développement agricole ou l’exploitation forestière. Selon la même source, « l’idée, c’est que si on veut aider à surmonter les clivages politiques, les conflits dans cette région, il faut favoriser la coopération et l’intégration régionale ». On ne doute pas que pendant son séjour de trois heures à Kigali, le président français s’entretiendra de la tenue de cette conférence avec son homologue rwandais, le président Paul Kagame.

Ce n’est pas la première fois que le président Sarkozy évoque l’organisation de cette conférence. En janvier 2009, lors de la présentation des voeux au corps diplomatique, il s’était attardé sur les perspectives de paix dans la région des Grands Lacs. Il avait suggéré le « partage en commun de l’espace et les abondantes richesses minières dont regorge la République démocratique du Congo, un pays immense à la gouvernance étrange avec le « petit » Rwanda ». Il souhaitait la mise en place d’un « Marché commun » pour favoriser les échanges économiques.

C’était le « Plan Sarkozy » dénoncé par des Congolais pour autant qu’ils y voyaient une tentative de balkanisation de la république démocratique du Congo (RDC). Le président Sarkozy avait proposé à la RDC, et à ses voisins proches, à savoir le Rwanda, le Burundi, l’Ouganda, la Tanzanie et le Kenya, la création d’une « Agence régionale pour le développement et l’aménagement ». A son avis, cette démarche contribuerait au « bon voisinage » dans la région et donnerait un « nouvel élan » à leur coopération autour des projets communs. Sûr que la création de cette agence sera à l’ordre du jour tant à Nice, au mois de mai, qu’en juin lors de cette conférence des bailleurs de fonds de Grands Lacs. Au bout du tunnel, ce sera bien sûr la mise sur pied d’un « Marché commun ».

L’abondance des biens ne nuit pas, dit-on. Mais l’abondance des initiatives de paix peut nuire à la paix. Car l’impression qui se dégage de plus en plus, c’est qu’on se bouscule un peu trop dans la région des Grands Lacs. Si la tendance consistait à confier à quelques pays de la région le « leadership économique » au détriment de ceux producteurs des richesses, l’Afrique des Grands Lacs se trouverait dans la même situation que les pays des balkans. Or, dans les Grands Lacs, le coltan, la cassitérite, le nickel… opposent déjà l’Europe aux Etats-Unis ainsi qu’aux Asiatiques.

 

http://www.courrierinternational.com/article/2010/02/25/les-enjeux-economiques-de-la-visite-

de-sarkozy

Posté par rwandaises.com