Thomas Sankara, nĂ© le 21 dĂ©cembre 1949 Ă  Yako en Haute-Volta et mort assassinĂ© le 15 octobre 1987 Ă  Ouagadougou au Burkina Faso, est un homme d’État anti-impĂ©rialiste, rĂ©volutionnaire, communiste, panafricaniste et tiers-mondiste voltaĂŻque, puis burkinabèNote 2, chef de l’État de la rĂ©publique de Haute-Volta rebaptisĂ©e Burkina Faso, de 1983 Ă  1987.

Il est le prĂ©sident du pays durant la pĂ©riode de la première rĂ©volution burkinabè du 4 aoĂ»t 1983 au 15 octobre 1987, qu’il finit par totalement incarner. Durant ces quatre annĂ©es, il mène Ă  marche forcĂ©e, et y compris en recourant Ă  la rĂ©pression de certains syndicats ou organisations politiques rivales, une politique d’Ă©mancipation nationale, de dĂ©veloppement du pays, de lutte contre la corruption ou encore de libĂ©ration des femmes. Il a voulu Ă©galement le changement du nom de Haute-Volta issu de la colonisation en un nom issu de la tradition africaine : Burkina Faso, qui est un mĂ©lange de morĂ© et de dioula et signifie Pays [ou Patrie] des hommes intègres / honnĂŞtes.

Il est abattu lors d’un coup d’État qui amène au pouvoir Blaise CompaorĂ©, le 15 octobre 1987. Son souvenir reste vivace dans la jeunesse burkinabĂ© mais aussi plus gĂ©nĂ©ralement en Afrique, qui en a fait une icĂ´ne, un « Che Guevara africain Â», aux cĂ´tĂ©s notamment de Patrice Lumumba.

Biographie

Formation

Thomas Isidore NoĂ«l Sankara est fils d’un père peul – originaire du village de Sitoèga dans le dĂ©partement de Bokin dans la province du PassorĂ©1 – et d’une mère mossi2, et grandit entre valeurs militaires et religiositĂ© chrĂ©tienne3. Son père est un ancien combattant et prisonnier de guerre de la Seconde Guerre mondiale. Les affectations successives de son père, devenu infirmier-gendarme, dans plusieurs rĂ©gions du pays, lui permettent d’Ă©chapper Ă  la grande pauvretĂ© dans laquelle vivent la plupart des « indigènes Â»4. Il fait ses Ă©tudes secondaires d’abord au lycĂ©e Ouezzin Coulibaly de Bobo-Dioulasso, deuxième ville et capitale Ă©conomique du pays puis, de la seconde au baccalaurĂ©at, Ă  Ouagadougou (capitale politique du Burkina), au PrytanĂ©e militaire de Kadiogo. Durant ses Ă©tudes, il cĂ´toie des fils de colons. Il sert la messe mais refuse d’entrer au sĂ©minaire5. Il suit, tout comme Blaise CompaorĂ©, une formation d’officier Ă  l’École militaire inter-armes (EMIA) de YaoundĂ© au Cameroun, puis Ă  l’AcadĂ©mie militaire d’Antsirabe, Ă  Madagascar (oĂą il Ă©tudie les sciences politiques, l’Ă©conomie politique, le français et les sciences agricoles5), et devient en 1976 commandant du CNEC, le Centre national d’entraĂ®nement commando, situĂ© Ă  PĂ´, dans la province du Nahouri, Ă  150 km au sud de la capitale. La mĂŞme annĂ©e, ils prennent part Ă  un stage d’aguerrissement au Maroc. Ensemble, ils fondent le Regroupement des officiers communistes (ROC) dont les autres membres les plus connus sont Henri Zongo, Boukary Kabore, Blaise CompaorĂ© et Jean-Baptiste Boukary Lingani.

Durant ses Ă©tudes Ă  Madagascar, il assiste en 1972 Ă  la rĂ©volution qui conduit Ă  la fin du rĂ©gime de Philibert Tsiranana. Cela l’amène Ă  concevoir l’idĂ©e d’une « rĂ©volution dĂ©mocratique et populaire Â». De retour en Haute-Volta en 1973 avec le grade de sous-lieutenant, il est affectĂ© Ă  la formation des jeunes recrues. Il s’y fait remarquer par sa conception de la formation militaire dans laquelle il inclut un enseignement sur les droits et les devoirs du citoyen, insistant sur la formation politique des soldats : « sans formation politique patriotique, un militaire n’est qu’un criminel en puissance Â», a-t-il coutume de dire4. En 1974, il s’illustre militairement lors de la guerre avec le Mali, ce qui lui donne une renommĂ©e nationale. Capitaine, il crĂ©e ensuite une organisation clandestine avec d’autres officiers, se rapproche de militants d’extrĂŞme gauche et fait de nombreuses lectures5.

Entrée en politique

Ă€ la fin des annĂ©es 1970 et au dĂ©but des annĂ©es 1980, le Burkina Faso connaĂ®t une alternance de pĂ©riodes autoritaires et de dĂ©mocratie parlementaire. Les personnalitĂ©s politiques sont coupĂ©es de la petite bourgeoisie urbaine politisĂ©e, et cette scission est renforcĂ©e par des scandales financiers. Cela amène de jeunes officiers ambitieux et dĂ©sireux de moderniser le pays comme Thomas Sankara Ă  s’investir en politique, se posant en contraste avec des hommes politiques plus âgĂ©s et moins Ă©duquĂ©s. Un coup d’État militaire a lieu en novembre 1980 mais le nouveau rĂ©gime, bien que populaire, se montre rapidement rĂ©pressif et lie l’armĂ©e Ă  des scandales5.

Thomas Sankara ne participe pas au coup d’État mais ne s’y oppose pas non plus4. Populaire, il est nommĂ© en septembre 1981 secrĂ©taire d’État Ă  l’Information dans le gouvernement du colonel Saye Zerbo avant de dĂ©missionner en rĂ©action Ă  la suppression du droit de grève, dĂ©clarant le 21 avril 1982, en direct Ă  la tĂ©lĂ©vision : « Malheur Ă  ceux qui bâillonnent le peuple Â»5. Il est alors dĂ©gradĂ© et chassĂ© de la capitale.

Le 7 novembre 1982, un nouveau coup d’État porte au pouvoir le mĂ©decin militaire Jean-Baptiste OuĂ©draogo. Plus tard, ce dernier assurera que le coup d’État avait Ă©tĂ© prĂ©parĂ© au seul profit de Thomas Sankara mais que ce dernier avait dĂ©clinĂ© l’offre au dernier moment. On l’avait donc choisi, contre son grĂ©, parce qu’il Ă©tait l’officier le plus ancien dans le grade de commandant6.

Sankara devient Premier ministre en janvier 1983 d’un Conseil de salut du peuple (CSP), position acquise grâce au rapport de forces favorable au camp progressiste au sein de l’armĂ©e7. Il se prononce ouvertement pour la rupture du rapport « nĂ©ocolonial Â» qui lie la Haute-Volta Ă  la France : « Lorsque le peuple se met debout, l’impĂ©rialisme tremble. L’impĂ©rialisme qui nous regarde est inquiet. Il tremble. L’impĂ©rialisme se demande comment il pourra rompre le lien qui existe entre le CSP [le gouvernement] et le peuple. L’impĂ©rialisme tremble. Il tremble parce qu’ici Ă  Ouagadougou, nous allons l’enterrer Â»4. Il poursuit sur cette ligne en invitant, en avril, le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi. Le 17 mai, il est limogĂ© et mis en rĂ©sidence surveillĂ©e, peut-ĂŞtre sous la pression de la France8,9,6,10.

Coup d’État et rĂ©volution dĂ©mocratique et populaire

Des manifestations populaires soutenues par les partis de gauche et les syndicats contraignent le pouvoir Ă  libĂ©rer Sankara. Le 4 aoĂ»t 1983, la garnison insurgĂ©e de PĂ´ arrive Ă  Ouagadougou accompagnĂ©e d’une foule en liesse. Ce nouveau coup d’État consacre la victoire de l’aile « progressiste Â» de l’armĂ©e menĂ©e par le capitaine Thomas Sankara, qui est placĂ© Ă  la prĂ©sidence du Conseil national rĂ©volutionnaire. Il constitue un gouvernement avec le Parti africain de l’indĂ©pendance (en) et l’Union des luttes communistes – reconstruite (ULC-R).

Il dĂ©clare que ses objectifs sont : « Refuser l’Ă©tat de survie, desserrer les pressions, libĂ©rer nos campagnes d’un immobilisme moyenâgeux ou d’une rĂ©gression, dĂ©mocratiser notre sociĂ©tĂ©, ouvrir les esprits sur un univers de responsabilitĂ© collective pour oser inventer l’avenir. Briser et reconstruire l’administration Ă  travers une autre image du fonctionnaire, plonger notre armĂ©e dans le peuple par le travail productif et lui rappeler incessamment que, sans formation patriotique, un militaire n’est qu’un criminel en puissance Â». Il s’entoure de cadres compĂ©tents, dĂ©fend la transformation de l’administration, la redistribution des richesses, la libĂ©ration des femmes, la responsabilisation de la jeunesse, la dĂ©centralisation, la lutte contre la corruption, etc. Le 4 aoĂ»t 1984, la RĂ©publique de Haute-Volta est renommĂ©e Burkina Faso5.

Comités de défense de la révolution

Son gouvernement retire aux chefs traditionnels les pouvoirs fĂ©odaux qu’ils continuaient d’exercer5 au profit de ComitĂ©s de dĂ©fense de la rĂ©volution (CDR), inspirĂ©s de l’expĂ©rience cubaine, qui sont chargĂ©s localement d’exercer le pouvoir au nom du peuple, gĂ©rant la sĂ©curitĂ©, la formation politique, l’assainissement des quartiers, la production et la consommation de produits locaux ou encore le contrĂ´le budgĂ©taire des ministères.

Parfois, ils refusent après dĂ©bats certains projets nationaux, comme celui de l’« Ă©cole nouvelle Â», qu’ils jugent trop radical5.

Les CDR auront toutefois tendance Ă  se comporter en milice rĂ©volutionnaire faisant rĂ©gner la terreur, luttant contre les syndicats (jugĂ©s dangereux car liĂ©s Ă  l’opposition du Front patriotique voltaĂŻque et du Parti communiste rĂ©volutionnaire voltaĂŻque (en)). Thomas Sankara dĂ©nonce toutefois certains excès des CDR5.

Toutefois, une opposition subsiste au processus « rĂ©volutionnaire et populaire Â» engagĂ© depuis le coup d’État du 4 aoĂ»t 1983 ; une violente rĂ©pression s’abat sur elle11. Le 11 juin, la Cour martiale rĂ©volutionnaire de Ouagadougou statue sur le sort des personnes impliquĂ©es dans ce que les autoritĂ©s prĂ©sentent comme le « putsch manquĂ© du 28 mai Â» (le Monde du 11 juin). Sept « conjurĂ©s Â» sont immĂ©diatement fusillĂ©s après le verdict, cinq autres condamnĂ©s Ă  des peines de travaux forcĂ©s11. Pour la première fois dans l’histoire de la Haute-Volta, des peines capitales ont Ă©tĂ© prononcĂ©es par un tribunal et exĂ©cutĂ©es11. Parallèlement, un incendie criminel dĂ©truit les locaux abritant l’imprimerie du quotidien indĂ©pendant l’Observateur11.

Politique économique

Les dĂ©penses de fonctionnement diminuent pour renforcer l’investissement. Les salaires sont ponctionnĂ©s de 5 Ă  12 % mais les loyers sont dĂ©clarĂ©s gratuits pendant un an. Par exemple, Sankara arrivant au pouvoir se rend compte que les ministres se dĂ©placent en Renault 25 , voiture haut de gamme pour l’Afrique, il dĂ©cide alors que dĂ©sormais les ministres utiliseront une Renault 5, et ainsi montreront l’exemple.

Le nouveau rĂ©gime vise Ă  dĂ©velopper une Ă©conomie ne dĂ©pendant plus de l’aide extĂ©rieure, que Thomas Sankara dĂ©crit ainsi : « Ces aides alimentaires […] qui installent dans nos esprits […] des rĂ©flexes de mendiant, d’assistĂ©, nous n’en voulons vraiment plus ! Il faut produire, produire plus parce qu’il est normal que celui qui vous donne Ă  manger vous dicte Ă©galement ses volontĂ©s Â». Les importations de fruits et lĂ©gumes sont interdites afin d’inciter les commerçants Ă  se fournir dans les zones de production situĂ©es dans le Sud-Ouest du Burkina Faso ; cela est favorisĂ© par la mise en place de nouveaux circuits de distribution et d’une chaĂ®ne nationale de magasins. Les CDR permettent aussi aux salariĂ©s d’acheter des produits depuis leur lieu de travail5.

En 1986, le Burkina Faso atteint son objectif de deux repas et de dix litres d’eau par jour et par personne. Le rapporteur spĂ©cial pour le droit Ă  l’alimentation pour les Nations unies dĂ©clare au sujet de Sankara : « Il a vaincu la faim : il a fait que le Burkina, en quatre ans, est devenu alimentairement autosuffisant Â».

Les fonctionnaires sont incitĂ©s Ă  porter l’habit traditionnel (Faso dan fani), ce qui conduit de nombreuses femmes Ă  obtenir un revenu propre en tissant ce vĂŞtement directement chez elles5.

Politique sociale

Soucieux de l’environnement, il dĂ©nonce des responsabilitĂ©s humaines dans l’avancĂ©e du dĂ©sert. En avril 1985, le Conseil national de la rĂ©volution lance ainsi les « trois luttes Â» : fin des coupes de bois abusives et campagne de sensibilisation concernant l’utilisation du gaz, fin des feux de brousse et fin de la divagation des animaux. Le gouvernement mène des projets de barrages alors que des paysans construisent parfois eux-mĂŞmes des retenues d’eau. Thomas Sankara critique Ă©galement le manque d’aide de la France, dont les entreprises bĂ©nĂ©ficient pourtant en majoritĂ© des marchĂ©s liĂ©s aux grands travaux5.

Symboliquement, une journĂ©e du marchĂ© au masculin est instaurĂ©e pour sensibiliser au partage des taches mĂ©nagères. Thomas Sankara avance aussi l’idĂ©e d’un « salaire vital Â», prĂ©levĂ© Ă  la source d’une partie du salaire de l’Ă©poux pour le reverser Ă  l’épouse4. Il met fin Ă  la dot et au lĂ©virat, qu’il considère comme une marchandisation des femmes. Il met aussi un terme aux mariages forcĂ©s en instaurant un âge lĂ©gal, interdit l’excision, et tente de s’opposer Ă  la prostitution et Ă  la polygamie12.

Politique internationale

Critique de la dette

Au niveau international, il critique les injustices de la mondialisation, le système financier, l’importance du Fonds monĂ©taire international et de la Banque mondiale et le poids de la dette des pays du tiers-monde. Le Burkina Faso ne contracte ainsi pas de prĂŞts avec le FMI, dont il rejette les conditions. Thomas Sankara considère en effet ce système comme un moyen de « reconquĂŞte savamment organisĂ©e de l’Afrique, pour que sa croissance et son dĂ©veloppement obĂ©issent Ă  des paliers, Ă  des normes qui nous sont totalement Ă©trangers Â»5. Anticipant la rĂ©action des pays occidentaux, il insiste Ă  Addis-Abeba en 1987 sur la nĂ©cessitĂ© d’un refus collectif des pays africains de son paiement : « Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas lĂ  Ă  la prochaine confĂ©rence Â»4. Trois mois avant son assassinat, il prononce, pendant un sommet de l’Organisation de l’unitĂ© africaine Ă  Addis-Abeba en 1987, un discours passĂ© Ă  la postĂ©ritĂ© dans lequel il contestait la lĂ©gitimitĂ© de la dette de son pays et appelle Ă  une action collective de pays africains13.

Critique de la politique africaine de la France

Thomas Sankara dĂ©finit son programme comme anti-impĂ©rialiste, en particulier dans son « Discours d’orientation politique Â», Ă©crit en septembre-octobre 1983 par Valère SomĂ© (en) et enregistrĂ© dans la salle du Conseil de l’Entente puis diffusĂ© Ă  la radio le 2 octobre 198314,15. Ă€ cet Ă©gard, la France devient la principale cible de la rhĂ©torique rĂ©volutionnaire. Ces attaques culminent avec le dĂ©placement de François Mitterrand au Burkina Faso en novembre 1986, au cours duquel Thomas Sankara critique violemment la politique de la France pour avoir reçu en France Pieter Botha, le Premier ministre d’Afrique du Sud, et Jonas Savimbi chef de l’UNITA, l’un et l’autre « couverts de sang des pieds jusqu’Ă  la tĂŞte Â»Note 3.

L’aide Ă©conomique française est rĂ©duite de 80 % entre 1983 et 19854.

Guy Penne, conseiller du prĂ©sident François Mitterrand sur les affaires africaines, organise en France une campagne mĂ©diatique de dĂ©nigrement Ă  l’encontre de Thomas Sankara en collaboration avec la DGSE, qui fournit Ă  la presse une sĂ©rie de documents sur de supposĂ©es atrocitĂ©s destinĂ©s Ă  alimenter des articles Ă  charge16.

Rapprochement avec Cuba

Article dĂ©taillĂ© : Les Orphelins de Sankara.

Un programme de coopĂ©ration avec Cuba est mis sur pied. Après avoir rencontrĂ© Fidel Castro, Thomas Sankara envoie Ă  partir de septembre 1986 de jeunes BurkinabĂ©s Ă  Cuba afin qu’ils suivent une formation professionnelle et participent, Ă  leur retour, au dĂ©veloppement du pays. Ces derniers doivent ĂŞtre volontaires et sont recrutĂ©s sur la base d’un concours avec une prioritĂ© donnĂ©e aux orphelins et enfants des milieux ruraux et dĂ©favorisĂ©s. Quelque 600 adolescents se sont ainsi envolĂ©s vers Cuba pour terminer leur cursus scolaire et suivre une formation professionnelle afin de devenir mĂ©decins, ingĂ©nieurs, agronomes ou encore gynĂ©cologues17.

Rapports avec les autres pays

DĂ©nonçant le soutien des États-Unis Ă  IsraĂ«l et Ă  l’Afrique du Sud, il appelle les pays africains Ă  boycotter les Jeux olympiques d’Ă©tĂ© de 1984 Ă  Los Angeles. Devant l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations unies, il dĂ©nonce Ă©galement l’invasion de la Grenade par les États-Unis, qui rĂ©pliquent en mettant en place des sanctions commerciales contre le Burkina. Toujours Ă  l’ONU, il demande la fin du droit de veto accordĂ© aux grandes puissances. Au nom du « droit des peuples Ă  la souverainetĂ© Â», il soutient les revendications nationales du Sahara occidental, de la Palestine, les sandinistes nicaraguayens ou encore l’ANC sud-africaine. S’il entretient de bonnes relations avec les dirigeants ghanĂ©en Jerry Rawlings et libyen Mouammar Kadhafi, il est relativement isolĂ© en Afrique de l’Ouest. Les dirigeants proches de la France comme HouphouĂ«t-Boigny en CĂ´te d’Ivoire ou Hassan II au Maroc lui sont particulièrement hostiles18.

Plusieurs rĂ©gimes africains proches de Paris organisent en 1985 une tentative de dĂ©stabilisation du Burkina Faso afin de favoriser le renversement de Thomas Sankara. Le rĂ©gime malien du prĂ©sident Moussa TraorĂ©, soutenu par la CĂ´te d’Ivoire et le Togo, fait circuler des rumeurs attribuant Ă  des militaires burkinabĂ©s une violation de la frontière et entre en guerre pour quelques semaines avec le Burkina Faso. La Central Intelligence Agency (CIA) note dans un câble que « La guerre est nĂ©e de l’espoir de Bamako que le conflit dĂ©clencherait un coup d’État au Burkina Faso16. Â»

Assassinat

Thomas Sankara est assassiné le 15 octobre 1987.

Contexte

La rigueur et l’intĂ©gritĂ© de Thomas Sankara dĂ©plaisent Ă  plusieurs (par exemple, il se dĂ©place dans une Renault 5 et hĂ©site Ă  acquĂ©rir un vĂ©hicule neuf de peur qu’on pense qu’il vole l’argent de l’État)19. Par ailleurs, face aux dĂ©rives de la rĂ©volution, l’enthousiasme retombe, certains membres de la population se sentent frustrĂ©s, notamment les chefs traditionnels dont les pouvoirs sont affaiblis par la politique de Sankara.

Dans ce contexte, les relations entre Blaise CompaorĂ© et Thomas Sankara se dĂ©gradent Ă  partir de 1985, Ă  un point tel que les deux hommes ne se parlent plus ; deux clans rivaux se forment. La veille de l’assassinat de Sankara, le Conseil des ministres adopte un projet de loi crĂ©ant une brigade de police « anti-coup d’État Â» (FIMATS), ce que le camp de CompaorĂ© perçoit comme une menace Ă  son encontre19.

Déroulement

En fin d’après-midi du 15 octobre 1987, Thomas Sankara et six membres de son cabinet sont rĂ©unis dans une salle du Conseil de l’entente Ă  Ouagadougou. L’objet de la rĂ©union concerne la crĂ©ation d’un parti politique unique de gauche afin de contrer l’Ă©mergence des contestations20.

Dès le dĂ©but de la rĂ©union, un commando militaire fait irruption dans le bâtiment en dĂ©cimant la garde rapprochĂ©e de Sankara puis parvient Ă  la salle de rĂ©union oĂą il donne l’ordre aux occupants de sortir. D’après le tĂ©moignage du seul survivant, le conseiller Ă  la prĂ©sidence Alouna TraorĂ©, Thomas Sankara sort le premier, les mains en l’air, en disant aux membres du cabinet : « Ne bougez pas, c’est de moi qu’ils ont besoin Â» ; puis il est abattu par les assaillants20. Les autres membres subissent le mĂŞme sort, sauf TraorĂ© qui est conduit dans une autre salle oĂą il retrouve d’autres collègues.

Outre Thomas Sankara, douze personnes sont assassinées20.

Cinq membres du cabinet :

  • Bonaventure CompaorĂ©, employĂ© Ă  la prĂ©sidence ;
  • Christophe Saba, secrĂ©taire permanent du Conseil national de la RĂ©volution ;
  • FrĂ©dĂ©ric KiemdĂ©, conseiller juridique Ă  la prĂ©sidence ;
  • Patrice ZagrĂ©, professeur de philosophie ;
  • Paulin Babou Bamouni, directeur de la presse prĂ©sidentielle.

Cinq gardes :

  • Abdoulaye Gouem ;
  • Emmanuel Bationo
  • Hamado Sawadogo ;
  • Noufou Sawadogo ;
  • Wallilaye OuĂ©draogo.

Ainsi que le gendarme Paténéma Soré et Der Somda, le chauffeur de Thomas Sankara.

Au soir du coup d’État, un communiquĂ© lu Ă  la radio annonce la dissolution du Conseil national de la RĂ©volution et la dĂ©mission du prĂ©sident Sankara, remplacĂ© par Blaise CompaorĂ©.

La mĂŞme nuit, Thomas Sankara et ses camarades sont enterrĂ©s sans tombe au cimetière de DagnoĂ«n Ă  Ouagadougou par une vingtaine de dĂ©tenus rĂ©quisitionnĂ©s pour l’occasion20. Plus tard, de simples tombes en ciment sont Ă©difiĂ©es.

Plusieurs jours après, le certificat de dĂ©cès de Sankara, publiĂ© dans la presse, indique qu’il est dĂ©cĂ©dĂ© de mort naturelle.

EnquĂŞte

Blaise CompaorĂ© est soupçonnĂ© d’ĂŞtre le principal responsable de son assassinat21.

En 2006, le ComitĂ© des droits de l’Homme de l’Organisation des Nations unies condamne l’absence de tout procès ou de toute enquĂŞte de la part du gouvernement burkinabè sur la mort de Sankara22. Cette dĂ©cision symbolique constitue une première mondiale dans la lutte contre l’impunitĂ©.

Le 14 mai 2015, pour la première fois depuis 2007, Mariam Sankara, de retour Ă  Ouagadougou après le renversement de Blaise CompaorĂ© pour ĂŞtre entendue par le juge chargĂ© d’enquĂŞter sur la mort de son mari23, est accueillie par plusieurs milliers de personnes. Des doutes subsistent sur le lieu vĂ©ritable de la sĂ©pulture de Sankara et en mai 2015, un juge burkinabè ordonne l’exhumation de corps du cimetière de DagnoĂ«n pour dĂ©terminer s’il s’agit de Sankara et quelles sont les conditions de sa mort24.

En dĂ©cembre 2015, un mandat d’arrĂŞt international est lancĂ© par la justice militaire contre Blaise CompaorĂ©, alors en exil en CĂ´te d’Ivoire. Blaise CompaorĂ© est poursuivi notamment pour son implication prĂ©sumĂ©e dans l’assassinat de Thomas Sankara en 198725,26. Le 6 dĂ©cembre 2015, Gilbert DiendĂ©rĂ©, auteur du putsch ratĂ© de 2015 au Burkina Faso, est inculpĂ© pour complicitĂ© dans l’assassinat de Thomas Sankara27. Un article de Jeune Afrique, datĂ© d’octobre 2017, signale que Blaise CompaorĂ© est toujours en CĂ´te d’Ivoire et ne devrait pas faire face Ă  ses juges, « les autoritĂ©s ivoiriennes semblant peu enclines Ă  l’extrader28. Â»

En octobre 2017, un mĂ©morandum a Ă©tĂ© remis Ă  l’ambassade de France au Burkina Faso pour demander l’accès Ă  toutes les archives sur l’affaire en plus d’une ouverture d’une enquĂŞte judiciaire en France pour le 30e anniversaire de l’assassinat. Des manifestations se sont dĂ©roulĂ©es Ă  Ouagadougou, menĂ©es par le ComitĂ© international Thomas Sankara29. Le 28 novembre 2017, le prĂ©sident Emmanuel Macron rĂ©pond Ă  ces demandes et affirme que tous les documents français liĂ©s Ă  son assassinat seront dĂ©classifiĂ©s pour la justice burkinabè. Elles sont versĂ©es au dossier judiciaire en 202030,31.

En octobre 2020, le juge d’instruction au sein du tribunal militaire en charge de l’assassinat de Sankara et des douze personnes assassinĂ©es en mĂŞme temps, termine son travail et rend une ordonnance dans laquelle 25 inculpĂ©s sont nommĂ©s dont Blaise CompaorĂ©, Gilbert DiendĂ©rĂ© et Hyacinthe Kafando31.

En avril 2021, des avocats annoncent que Blaise CompaorĂ© (toujours en exil en CĂ´te d’Ivoire) et treize autres accusĂ©s dont Gilbert DiendĂ©rĂ© vont ĂŞtre jugĂ©s pour attentat Ă  la sĂ»retĂ© de l’État, complicitĂ© d’assassinats et complicitĂ© de recel de cadavres32. Le 17 aoĂ»t 2021, le procureur militaire du Burkina Faso annonce que le procès de Blaise CompaorĂ© et des 13 autres accusĂ©s aura lieu le 11 octobre 202133. La CĂ´te d’Ivoire refuse cependant l’extradition de l’ancien prĂ©sident burkinabĂ©16. Le procès est brièvement interrompu après le coup d’État de au Burkina Faso. Le 8 fĂ©vrier 2022, le parquet militaire requiert 30 ans de prison Ă  l’encontre de CompaorĂ© pour « atteinte Ă  la sĂ»retĂ© de l’État Â», « recel de cadavre Â» et « complicitĂ© d’assassinat Â», 30 ans contre Hyacinthe Kafando, 20 ans contre Gilbert DiendĂ©rĂ© et 15 ans contre Jean-Pierre Palm. Parmi les 10 autres accusĂ©s, 5 sont acquittĂ©s34,35.

Le 6 avril 2022, Blaise CompaorĂ© est reconnu coupable d’avoir commanditĂ© le meurtre de Sankara et est condamnĂ© par contumace Ă  la prison Ă  perpĂ©tuitĂ©. DiendĂ©rĂ© est condamnĂ© Ă  la mĂŞme peine36.

AllĂ©gations d’ingĂ©rences Ă©trangères

L’action de la France est rĂ©gulièrement soupçonnĂ©e car Thomas Sankara est devenu gĂŞnant du fait de sa lutte contre le nĂ©ocolonialisme, l’impĂ©rialisme et la Françafrique37,5. Est notamment accusĂ©e la main de Jacques Foccart, conseiller du premier ministre Jacques Chirac au moment des faits et considĂ©rĂ© comme le « Monsieur Afrique Â» du gouvernement38. Dans un discours du 28 novembre 201739, Emmanuel Macron, alors prĂ©sident de la rĂ©publique française, promet devant un parterre d’étudiants de l’universitĂ© de Ouagadougou que les archives françaises sur l’assassinat de Thomas Sankara seront dĂ©classifiĂ©es et transmises Ă  la justice burkinabĂ©e38. Cependant, malgrĂ© les espoirs suscitĂ©s par cette annonce, la masse de documents reçue par les magistrats ouagalais contient uniquement des archives classiques et « quelques notes sans intĂ©rĂŞts des services secrets Â» qui mettent en Ă©vidence un complot « projetĂ© par Thomas Sankara pour Ă©liminer Blaise CompaorĂ© Â»40.

L’implication de la Libye a parfois aussi Ă©tĂ© allĂ©guĂ©e (en dĂ©pit du soutien politique et matĂ©riel qu’elle apportait Ă  la rĂ©volution initialement). La relation entre Mouammar Kadhafi et Thomas Sankara se dĂ©grade lorsque ce dernier refuse de soutenir la position libyenne au Tchad, favorable Ă  Goukouni Oueddei contre Hissène HabrĂ© appuyĂ© par la France37. Sankara refuse Ă©galement d’aider Charles Taylor, soutenu par Kadhafi et le prĂ©sident de la CĂ´te d’Ivoire, FĂ©lix HouphouĂ«t-Boigny, dans son projet de renverser le pouvoir au Liberia. En 2008, Prince Johnson dĂ©clare que Charles Taylor et lui-mĂŞme ont Ă©tĂ© sollicitĂ©s pour assassiner Thomas Sankara, en dĂ©signant Blaise CompaorĂ© pour commanditaire, avec la caution de FĂ©lix HouphouĂ«t-Boigny37.

Le procès de Blaise CompaorĂ© porte uniquement sur le volet national de l’assassinat, les complicitĂ©s Ă©trangères n’Ă©tant pas Ă©voquĂ©es. Ă€ son issue en avril 2022, les avocats de la partie civile dĂ©posent une requĂŞte auprès du tribunal militaire pour relancer l’instruction du volet international du dossier41.

Idées et actions politiques

La lutte anti-impérialiste

Thomas Sankara est un des chefs du Mouvement des non-alignĂ©s. Il cĂ´toie beaucoup de militants d’extrĂŞme gauche dans les annĂ©es 1970 et se lie d’amitiĂ© avec certains d’entre eux. Il met en place un groupe d’officiers clandestins d’influence marxiste : le Regroupement des officiers communistes (ROC).

Dans ses discours, il dĂ©nonce le colonialisme et le nĂ©o-colonialisme, dont celui de la France, en Afrique (notamment les rĂ©gimes clients de CĂ´te d’Ivoire et du Mali, lequel lance plusieurs fois des actions militaires contre le Burkina Faso, soutenues par la France).

Il se rapproche de plusieurs pays du bloc socialiste. En octobre 1986, peu avant le sommet GorbatchevReagan à Reykjavik, il se rend une semaine en URSS, mais aussi à Cuba du 25 septembre au 1er octobre 1984, puis une deuxième fois au mois de novembre 19867.

Parallèlement, il rejette le fardeau de la dette qui pèse sur les pays en voie de dĂ©veloppement. Son discours contre la dette42,43, prononcĂ© le 29 juillet 1987 Ă  Addis-Abeba lors d’un sommet de l’Organisation de l’unitĂ© africaine, est sans doute le plus connu des discours de Thomas Sankara. Il y dĂ©clare que son pays ne remboursera pas ses crĂ©anciers, et argumente notamment ainsi : « la dette ne peut pas ĂŞtre remboursĂ©e parce que si nous ne payons pas, nos bailleurs de fond ne mourront pas. Soyons-en sĂ»rs. Par contre, si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons en sĂ»rs Ă©galement. Â». D’après Le Parisien, dans les annĂ©es 1980, certains pays du tiers monde affrontent une « crise de la dette Â», et le Fonds monĂ©taire international et la Banque mondiale exigent des plans de rigueur de la part des pays concernĂ©s. Sankara s’oppose Ă  ces plans, lesquels sont jugĂ©s par le journal « incompatibles avec toute politique sociale Â»13.

Devant l’ONU, il dĂ©fend le droit des peuples Ă  manger Ă  leur faim, boire Ă  leur soif, et Ă  ĂŞtre Ă©duquĂ©s44. Pendant ces quatre annĂ©es, le Burkina Faso est, selon les critères gĂ©opolitiques nĂ©s au milieu des annĂ©es 1970, la dernière rĂ©volution de l’« Afrique progressiste Â», opposĂ©e Ă  l’« Afrique modĂ©rĂ©e Â».

La démocratie participative

Souhaitant redonner le pouvoir au peuple, dans une logique de dĂ©mocratie participative, il crĂ©e les ComitĂ©s de dĂ©fense de la rĂ©volution (CDR) auxquels tout le monde peut participer, et qui assurent la gestion des questions locales et organisent les grandes actions. Les CDR sont coordonnĂ©s dans le Conseil national de la rĂ©volution (CNR). Cette politique vise Ă  rĂ©duire la malnutrition, la soif (avec la construction massive par les CDR de puits et retenues d’eau), la diffusion des maladies (grâce aux politiques de « vaccinations commandos Â», notamment des enfants, burkinabès ou non) et l’analphabĂ©tisme qui diminuera chez les hommes mais reste très Ă©levĂ© chez les femmes45, malgrĂ© la mise en place de programmes spĂ©cifiques comme l’opĂ©ration « pountoi Â»46. Des projets de dĂ©veloppement sont Ă©galement portĂ©s par les CDR, comme l’amĂ©nagement de la « VallĂ©e de la Sourou Â» destinĂ© Ă  irriguer 41 000 hectares4.

Concernant la dĂ©mocratie, il dĂ©veloppe une pensĂ©e originale : « Le bulletin de vote et un appareil Ă©lectoral ne signifient pas, par eux-mĂŞmes, qu’il existe une dĂ©mocratie. Ceux qui organisent des Ă©lections de temps Ă  autre, et ne se prĂ©occupent du peuple qu’avant chaque acte Ă©lectoral, n’ont pas un système rĂ©ellement dĂ©mocratique. […] On ne peut concevoir la dĂ©mocratie sans que le pouvoir, sous toutes ses formes, soit remis entre les mains du peuple ; le pouvoir Ă©conomique, militaire, politique, le pouvoir social et culturel Â»5.

Sankara tente Ă©galement de rompre avec la sociĂ©tĂ© traditionnelle inĂ©galitaire burkinabè, en affaiblissant le pouvoir des chefs de tribus, et en cherchant Ă  intĂ©grer les femmes dans la sociĂ©tĂ© Ă  l’Ă©gal des hommes.

Il lance le premier programme africain de lutte contre la dĂ©sertification et la dĂ©forestation. Si symboliquement, il institue la coutume de planter un arbre Ă  chaque grande occasion pour juguler la dĂ©sertification, il crĂ©e Ă©galement un ministère de l’environnement (pionnier sur le continent) et multiplie les campagnes de lutte contre le dĂ©boisement, les feux de brousse et la chasse illĂ©gale47.

Il est le seul prĂ©sident d’Afrique Ă  avoir vendu les luxueuses voitures de fonctions de l’État pour les remplacer par des Renault 548,49. Profitant de son passage Ă  l’ONU en 1984, il devient le premier dirigeant africain Ă  se rendre dans le quartier d’Harlem oĂą il prononce un discours50,51. Les voyages en classe affaires sont supprimĂ©s, les salaires des ministres et hauts fonctionnaires sont baissĂ©s. Sankara explique cette approche en fĂ©vrier 1986, « Karl Marx le disait, on ne pense ni aux mĂŞmes choses ni de la mĂŞme façon selon que l’on vit dans une chaumière ou dans un palais Â»4.

Postérité

Affiche représentant Thomas Sankara devant le quartier général du Mouvement sankariste à Ouagadougou.

Statue de Thomas Sankara inaugurée le 3 mars 2019 à Ouagadougou.

Thomas Sankara est parfois considĂ©rĂ© comme un « Che Guevara africain Â». Au Burkina Faso, une multitude de partis et de mouvements de la sociĂ©tĂ© civile se rĂ©clament de lui. Il est parfois surnommĂ© le « prĂ©sident des enfants Â» ou le « prĂ©sident des pauvres Â»4.

Thomas Sankara a été proclamé modèle par la jeunesse africaine au Forum social africain de Bamako en 2006 et au Forum social mondial de Nairobi en 2007.

Depuis le 28 dĂ©cembre 2005, une avenue de Ouagadougou porte son nom, dans le cadre plus gĂ©nĂ©ral d’un processus de rĂ©habilitation dĂ©crĂ©tĂ© en 2000 mais bloquĂ© depuis lors52. Diverses initiatives visent Ă  rassembler les sankaristes et leurs sympathisants, notamment par le biais d’un comitĂ© national d’organisation du 20e anniversaire de son dĂ©cès, et Ă  cĂ©lĂ©brer sa mĂ©moire, notamment par des manifestations culturelles, tant au Burkina Faso que dans divers pays d’implantation de l’Ă©migration burkinabè. En 2007, pour la première fois depuis 19 ans, la veuve de Thomas Sankara, Mariam SermĂ© Sankara, a pu aller se recueillir sur sa tombe prĂ©sumĂ©e lors des 20e commĂ©morations Ă  Ouagadougou8.

DiffĂ©rents rĂ©seaux internationaux, notamment le ComitĂ© pour l’abolition des dettes illĂ©gitimes (CADTM), ont fait du discours de Sankara contre la dette une sorte d’Ă©tendard et font rĂ©fĂ©rence Ă  son combat7.

Le 2 octobre 2016, un mémorial dédié à Thomas Sankara est inauguré sur le lieu de son assassinat15.

Le cestode Spiniglans thomassankara lui est dĂ©diĂ©. Il s’agit d’un parasite trouvĂ© chez des tisserins (genre Ploceus) et dĂ©crit de spĂ©cimens collectĂ©s Ă  la fin des annĂ©es 1980 en Afrique de l’Ouest53.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Sankara