(Syfia Grands Lacs/Rwanda) Le téléphone portable, très répandu au Rwanda, rend de multiples services au quotidien. Il permet de connaître sa situation bancaire ou les prix de denrées alimentaires, d’acheter du courant électrique, de consulter ses mails…

« Avant, je devais me rendre à la fin du mois à la Banque commerciale du Rwanda demander si mon salaire avait été versé. Il me suffit à présent d’envoyer un SMS à cette banque et je le sais sans quitter mon domicile », se réjouit Jean-Claude Kuradusenge. Immaculée Uzamukunda affirme que grâce à un service de la Banque populaire du Rwanda, elle n’a plus besoin de faire deux kilomètres pour acheter des unités électriques à des vendeurs de la RECO (Rwanda electricity coorporation) : »Je les commande par téléphone de chez moi et la banque se charge de transférer l’argent à la RECO ».
Depuis deux ans, les banques rivalisent d’ingéniosité pour proposer à leurs clients différents services accessibles à partir de leurs téléphones mobiles avec des codes d’accès personnels : suivre la situation de leurs comptes, transférer de l’argent, acheter une carte de téléphone ou du courant électrique… Ces services profitent aux clients des grandes banques, à ceux qui ont des comptes en activité ou des salaires réguliers. Le coût de chaque opération varie de la gratuité à 300 Frw (0,5 $).
Autre possibilité, avec MTN mobile money, « on peut envoyer ou recevoir jusqu’à 300 000 Frw (515 $ environ) par jour avec au maximum 4 000 Frw (7 $) de frais », note un agent de cette société à Muhanga, au Sud. Dans son bureau, surtout à l’approche de la rentrée scolaire de fin d’octobre, nombreux étaient les parents à utiliser ce service pour aider leurs enfants à payer leurs voyages.

Parler sans honte du sida
De son côté, un agent de la Commission nationale de lutte contre le sida affirme que grâce à leur numéro gratuit 2224 ou 3335, les gens leur confient plus facilement leurs problèmes personnels en rapport avec le sida ou d’autres maladies sexuellement transmissibles : « Certains manifestent de la honte à parler directement de sexualité. Au téléphone, ils nous parlent, posent des questions et obtiennent des réponses. »
Pour sa part, le système e-soko (isoko signifie marché en kinyarwandanya), lancé en 2009 par l’Autorité rwandaise de technologie de l’information (RITA), permet aux commerçants et aux clients, moyennant l’envoi d’un texto à 100 Frw, de connaître les prix des denrées sur divers marchés du pays. « Quand on connaît le prix de la pomme de terre au Nord, on sait approximativement à quel prix elle est achetée à Kigali. Mieux vaut le connaître à l’avance et aller au marché en étant au courant », notent des clients au marché de Kicukiro à Kigali. Les prix sont connus grâce à des enquêteurs du ministère chargé de l’Agriculture qui passent de marché à marché et les transmettent ensuite aux agents de la RITA.

Se déplacer dans l’obscurité
Des personnes qui ont des téléphones connectés à Internet les utilisent pour consulter leurs mails ou faire de petites recherches de chez elles : « Je consulte des sites quand je fais mes travaux pratiques sans dépasser 50 Frw (0,08 $) de l’heure, un prix très inférieur à celui des cafés internet où il faut payer 100 Frw (0,16 $) pour un quart d’heure (soit huit fois plus de l’heure, Ndlr) », explique un étudiant de l’Institut catholique de Kabgayi. D’autres utilisent leurs téléphones comme de petites torches pour marcher la nuit ou remplacer une lampe en cas de coupure de courant.
La démocratisation du portable permet aux Rwandais de s’en servir pour beaucoup de choses. Selon l’Agence rwandaise de régulation des services d’utilité publique, le nombre d’utilisateurs de mobiles a atteint 2,4 millions en 2009, soit plus d’un Rwandais sur cinq. Le Rwanda compte trois compagnies de téléphonie mobile qui se concurrencent et offrent à leurs clients toujours plus de bonus et de tarifs réduits.
Résultat : certaines personnes ne sont pas pressées de mettre fin aux communications… « Certains parlent comme s’ils ne dépensaient pas leur argent. Ils devraient apprendre à ne pas gaspiller. On ne ramasse l’argent nulle part ! », fait remarquer un étudiant en master de… communication.

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Posté par rwandaises.com