Sommet Afrique-France : Comment l’initiative de Tshisekedi contre le Rwanda a échoué
Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, a effectué un déplacement de dernière minute depuis l’Ouganda vers le Kenya à l’occasion du sommet Afrique-France tenu à Nairobi les 11 et 12 mai 2026, dans ce qui apparaissait comme une nouvelle tentative de rallier la communauté internationale contre le Rwanda.
En effet, le chef de l’État congolais, qui se trouvait initialement en Ouganda pour assister à la cérémonie d’investiture du président Yoweri Kaguta Museveni, a surpris en se rendant à Nairobi avant la clôture du sommet au lieu de rentrer directement à Kinshasa.
Peu après son arrivée, sa porte-parole Tina Salama a tenu à préciser que le président congolais ne s’était pas déplacé pour « se plaindre », mais pour appeler la communauté internationale à ne pas rester silencieuse face à ce qu’il décrit comme « trois décennies de violences en République démocratique du Congo », attribuées selon lui à une « agression rwandaise ».
Deux jours après la tenue du sommet, une autre porte-parole de la présidence congolaise, Farah Muamba Kayowa, a affirmé que la RDC avait utilisé cette rencontre Afrique-France pour exhorter les participants à ne pas ignorer les violences que Kinshasa attribue au Rwanda.
Cependant, ces déclarations ont été fermement contestées par le ministre rwandais des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, l’ambassadeur Olivier Nduhungirehe, qui a indiqué que la RDC n’avait en réalité pas pris part aux discussions du sommet où de telles préoccupations auraient pu être exprimées.
Selon le chef de la diplomatie rwandaise, présent à Nairobi, le sommet s’est articulé autour de trois sessions de haut niveau présidées par le président kényan William Ruto et le président français Emmanuel Macron.
Les échanges ont porté sur l’industrie verte et la transition énergétique, la réforme de l’architecture financière internationale, ainsi que la paix et la sécurité.
L’ambassadeur Nduhungirehe a souligné que les chefs d’État et représentants officiels avaient activement pris part aux discussions, à l’exception de la République démocratique du Congo.
« Dans chacune de ces trois sessions, le siège de la RDC est resté désespérément… vide ! Par conséquent, Kinshasa n’a pu « exiger » quoi que ce soit ou accuser qui que ce soit à Nairobi, se contentant d’une participation présidentielle symbolique à la clôture du sommet. », a-t-il déclaré via une publication sur X.
Par ailleurs, Kigali soutient activement que l’instabilité dans l’est de la RDC trouve son origine dans des décennies de mauvaise gouvernance et dans des politiques publiques défaillantes ayant favorisé la prolifération de groupes armés dans la région.
Le Rwanda pointe également la présence des FDLR dans l’est du Congo, groupe terroriste formé par d’anciens éléments des Forces armées rwandaises (Ex-FAR) et des milices Interahamwe, responsables du génocide contre les Tutsi en 1994.
Selon plusieurs rapports, ce groupe génocidaire continue d’opérer dans l’est de la RDC, avec pour objectif de déstabiliser le Rwanda, le gouvernement congolais étant par ailleurs accusé de collaborer et soutenir ce groupe dans ses opérations contre la coalition AFC/M23.

Le chef de l’État congolais, initialement en Ouganda pour l’investiture de Yoweri Kaguta Museveni, s’est rendu précipitamment à Nairobi avant la clôture du sommet